Prix Bullukian 2015, Lyon

Proposition projet spécifique dans l'espace
d'exposition de la Fondation Bullukian
Lyon, octobre 2015


L’ espace comme objet manipulable et expérimental
Partir de peu, aller au bout du geste.
Au départ une intention, une idée, le désir des formes. Celui d’élever du volume, comme on s’occuperait d’un bonsaï avec patience et maîtrise jusqu’à le rendre grand. L’arroser, le protéger, le tailler, l’accompagner, le guider pour arriver à la belle forme.
L’espace, ce vide. Je le guide.
Je le coupe, le colle, le compartimente, le ferme et l’ouvre pour asseoir une structure habitée.
Dans cette forme traversante, proche d’une image de l’habitable, notre corps est un objet en mouvement, un plein qui explore le vide. Cette approche spatiale projette le spectateur dans un jeu de bascule mentale, de va et vient entre deux objets d’échelle di érente dans lequel il fait partie intégrante et soumis aux règles suggérées.
Le premier est soumis à nos yeux comme un objet manipulable, la perception est palpable. Le second est davantage une invitation au dialogue entre un corps/objet en mouvement et une maison-cerveau statique.
En silence, je l’expérimente : « On se déplace. Un pas en avant, deux pas sur le côté, un vers l’autre, on se retourne, on recule d’un pas, puis stop. On regarde devant, on tourne la tête d’un côté, on tourne la tête de l’autre, on regarde à droite, on regarde à gauche. On observe. On continue d’observer. On avance d’un autre pas. Stop. On se mets sur la pointe des pieds, l’horizon nous gène. Un léger trouble visuel - un dessin ou une photographie - provoque un déséquilibre, on retombe sur le plat des pieds. Stop. Un appel d’air, on regarde vers le bas, un vide, on se baisse. On scrute cette traverse, on se met à genoux pour parvenir de l’autre côté ? Ou est-ce qu’on le contourne, je ne sais plus. On s’interroge, on s’oriente, on cherche nos repères et notre place dans cette architecture mentale. On sillonne, on flâne, on va d’un point à un autre, on la traverse... »
01.12.2015 MZ

Mengzhi Zheng © Adagp