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Mengzhi Zheng vit et travaille à Lyon.
Né en 1983 à Ruian en Chine, Mengzhi arrive en France à l’âge de sept ans. Il grandit à Paris. Après des études en graphisme, il intègre la Villa Arson à Nice de 2006 à 2011, année d’obtention du DNSEP avec mention et étudie en parallèle à la Städelschule de Francfort (DE) de 2009 à 2011.

Visions d’espaces et rêves d’architecture
Présent sur la scène artistique actuelle pour ses « maquettes abandonnées », ses sculptures en tasseaux de bois, les « espaces non fonctionnels, et ses dessins ou ses gravures, Mengzhi Zheng développe une démarche plastique autour des problématiques liées à l’espace.
Avec les « maquettes abandonnées », il produit un travail à partir de morceaux de cartons, de papier, de bois de cagette ou tout autre élément qui peut se trouver à portée de la main lorsqu’il travaille à son bureau. En les assemblant de manière aléatoirement poétique, il donne naissance à des éléments plastiques et visuels qui à la fois évoquent une habitation et en même temps nous entraînent dans une autre dimension mentale. À l’évidence, ces maquettes ne sont pas celles de maisons qu’il serait possible d’habiter et pourtant elles se manifestent à nous comme des incitation à la rêverie.

Retour arrière
Son travail prend tout d’abord forme avec une pratique du dessin et du collage qu’il poursuit à l’eau-forte, en composant sur ses plaques de cuivre, des images d’après des photographiques prises lors d’un voyage de retour en Chine en 2008. Là, en effet, il parvient à saisir son histoire à travers la figure d’un balancement intime entre les grands espaces de l’enfance et les rues étroite du Paris du haut marais. Il découvre que les grands espaces de l’enfance ont été envahis par des grands immeubles. Il se souvient alors comment son imagination à commencé à travailler à partir du chaos heureux des empilements de cartons des boutiques où il a passé son temps à Paris.
Créer pour Mengzhi Zheng c’est évoquer poétiquement la relation qui existe entre espaces habités et espaces non-habités, à travers des œuvres qui posent un regard interrogatif sur notre pratique contemporaine de l’architecture.

Dessins, gravures, photographies
Dans des carnets, il poursuit sa pratique discrète mais continue du dessin. Ces dessins ressemblent à des esquisses de bâtiments potentiels, saisis dans l’éternité du suspens de la construction.
Il est parvenu à expérimenter le rapport du corps à l’architecture à travers un travail de photographie dans lequel il compose et recompose l’espace en déplaçant les objets jusqu’à obtenir une image de la pièce destinée ensuite à être « mise à plat ». Cette photographie est une image mentale du lieu.
Il a aussi réalisé des gravures qui révèlent les articulations autour desquelles ce que l’on nomme « espace » se constitue. Toutes les œuvres de Mengzhi Zheng sont portées par une interrogation essentielles, plastique mais à dimension philosophique profonde, relativement à ce que nous croyons connaître de toute éternité, l’espace, alors qu’il n’existe que par l’infinité des gestes qui le construisent.

Maquettes abandonnées
Ces œuvres, de petites sculptures en papier, bois, carton et autres matériaux légers, sont des expérimentations. Ce sont des espaces non-fonctionnels qu’il imagine à mesure que ses mains, agissant libres de tout but, les inventent. Ces objets manipulables, invitent le spectateur à une traversée mentale, comme à une traversée physique, lorsqu’il s’agit des grandes sculptures en tasseaux de bois, les « espaces non-fonctionnels ».
Elles nous emportent dans la rêverie dont elles sont issues. Une fois revenu de cette traversée des apparences, nous découvrons que nous sommes en mesure, nous aussi, de questionner notre quotidien. Ces « espaces autres » nous permettent à la fois de rêver et de prendre la mesure du monde que nous habitons réellement.

Gestes
Ces maquettes abandonnées ne sont motivées par aucun but pratique, par aucune finalité, par aucun objectif de construction. C’est pourquoi elles peuvent littéralement être produites par un corps en mouvement et réalisées par une succession de gestes libres et rapides. Le moteur à deux temps qui permet à ces œuvres de voir le jour est constitué par un mouvement sans médiation entre une activité mentale délivrée d’un but et des gestes délivrés du souci de la précision et de l’exactitude.
Chaque geste est un va-et-vient direct entre des couples d’opposition du type, art/architecture, plein/vide, fini/non-fini, pli/dépli, horizontal/vertical, intérieur/extérieur, bien fait/mal fait, construit/déconstruit, dedans/dehors.
La rapidité du geste permet d’échapper au piège des intentions, bonnes ou mauvaises. Improvisée sur un laps de temps très court et sans repentir, chaque maquette abandonnée prend en charge poétiquement la double « identité » de Mengzhi Zheng et peut être comprise comme une micro synthèse à l’instant T des tensions qui animent sa situation existentielle et des différences culturelles, visuelles ou concrètes, dont il est issu.

Autres activités
Mengzhi Zheng travail aussi à des œuvres de commande dans l’espace public et privé. En 2014 il réalise commande monumentale de 8x8m à la Défense à Paris dans le quartier des affaires, œuvre in situ et pérenne dans le hall d’entrée de la tour ERDF.
Il est l’artiste lauréat pour son projet monumental soulignant le geste architectural du parking Lyon Parc Auto (LPA) des Halles de Lyon et propose également l’aménagement sculptural d’une terrasse au dernier étage annoncée pour la fin 2018.
Avec ce projet, en collaboration avec le cabinet d’architecture William Wilmotte, Mengzhi entre dans l’histoire de ces parkings comme Buren ou Morellet l’ont fait avant lui à Lyon. Initié par Georges Verney-Carron, la relation artiste/architecte pour l’espace public accompagne les parcs LPA depuis déjà presque 30 ans.